Histoire

Au fil des siècles

Il y a plus de 6000 ans, au Néolithique, les premiers uckangeois, »danubiens » d’origine avaient fondé un village fort important,qui couvrait quelques hectares, au Buderfeld, près de l’actuel poste Saint Hubert. Ils étaient agriculteurs et éleveurs, utilisaient un outillage rudimentaire en pierre polie, haches, grattoirs, faucilles etc…
Artistes avant l’heure, et, amateurs d’art, nos ancêtres cuisinaient dans des poteries en terre cuite finement décorées. Leurs maisons étaient faites de charpente en bois recouverte de paille et de chaume. Toute l’étendue du site d’Uckange, l’un des plus importants de Moselle, n’a pas encore été entièrement exploité mais il a souffert de l’implantation du poste St Hubert et de l’autoroute.
L’évolution du « groupe mosellan » des Rubanés très conservateur a été lente. Au contact des groupes campaniformes de la vallée du Rhin, vers -2500, ils découvrent les techniques métallurgiques ; les premiers objets en bronze n’apparaîtront que vers -1500. Les groupes celtes d’Europe Centrale apporteront les techniques du fer de -700 à -50 ans. Au cours du dernier millénaire avant JC, les peuplades lorraines entrent dans une phase historique par contact avec les civilisations grecques et latines non sans heurt d’ailleurs, avec la guerre des Gaules en -50. En -38, Uckange fera partie de la Belgique, une des trois provinces romaines avec la Lyonnaise et l’Aquitaine se fondant ainsi dans l’Empire Romain.
Si l’on a pas de traces des Gaulois, on peut supposer malgré tout que le préfixe UCK vient probablement du nom du premier maître gaulois des lieux :Ugo, HUCHO, HUCDO ou HUCBERTUS, des noms très courants à l’époque. De l’occupation romaine, on sait que la voie Marseille-Lyon-Metz-Trèves traversait Uckange au milieu du bois St Hubert, continuait en ligne droite vers le moulin d’Ebange en passant par le Haut Kem.

Entre autres vestiges ont été retrouvés le corps d’un cheval en pierre, une tête d’homme barbu et une tête d’homme imberbe. Les premières traces écrites de l’existence d’Uckange nous sont données en 1106 dans la relation d’une guerre sanglante qui opposa Sigefroy, le comte de Luxembourg, le duc Thierry de Lorraine et Geodefroy le Barbu, comte de Lorraine et de Brabant. L’affrontement particulièrement meurtrier eut lieu dans les plaines entre UTINGAS et Ebange. Ukenge (1181), Ukanges (1269), Unquenghem (1302), Eukanges (1303), Udekange (1326), Ukignen (XVe), Eukange (1423), Ucquainge (1452), Uckinga (1517), Hucheningen (1544), Uckingen (1574), Huckonge puis Uckange après la guerre de Trente Ans ne fut jamais une seigneurie distincte mais appartenait aux seigneurs de Richemont.
Jusqu’à la Révolution de 1789, son sort fut lié à celui de cette localité. Les seigneurs de Meilbourg et de Bertrange possédaient également quelques ares de terre à Uckange. Dès sa fondation, le village fit partie intégrante du comté du Luxembourg. Après avoir appartenu à la famille de Valcourt au XIe siècle,Uckange et Richemont passèrent jusqu’au XIVe aux seigneurs de Roussy.

En 1528, le village comptait neuf feux (foyers) sur les bords de la Moselle. Propriétés successives des Rodemack, puis des marquis de Bade (1492-1612), des Weiss (1612-1627), des Mohr de Wald (1627-1700), des Roncourt (1700-1789), les terres d’Uckange, limitées à l’est par la Moselle, au sud par le Brouck, furent souvent vendues, morcelées, partagées.
Elles eurent à souffrir de nombreuses guerres : celle des « Quatre Rois » (1324-1326), de la Hottée des Pommes (1428-1429), sans oublier les terribles Jacqueries et la Guerre de Trente Ans….
A la fin du XVIIe, Uckange comptait deux groupes de maisons; l’un sur les bords de la Moselle, l’autre autour de l’église avec une population de 80 personnes environ.
Le « bas Uckange » et le « haut Uckange » étaient séparés par des haies et des buissons.
C’est la construction de la route d’Uckange-Longwy qui a provoqué la réunification des deux hameaux et permis le développement du village.
L’expansion véritable débute en 1882 avec l’implantation d’une usine sidérurgique bâtie par la société « Gebruder-Stumm ». Avec l’implantation de la sidérurgie et le développement économique des vallées de la Fensch et de l’Orne Uckange allait croître rapidement rapidement : 2835 habitants en 1936, 3400 en 1949, 4008 en 1954. Au 31 décembre 1965, Uckange compte 10980 habitants. Le déclin de la sidérurgie, les mutations dans différentes villes de France entraîneront des baisses spectaculaires.
Aujourd’hui la population locale s’est relativement stabilisée autour de 8000 âmes.

La paroisse

La bénédiction de l’Eglise Sainte-Barbe eut lieu le 9 octobre 1740, l’acte officiel figure dans les registres paroissiaux :  » Fut bénite cette neuve église sous l’invocation de Sainte-Barbe, vierge et martyre, patronne titulaire de cette paroisse, par nous prêtre soussigné, autorisé de pouvoir par Mr Deslandes, vicaire official de ce diocèse…

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, de l’avis du curé trop de saints, étaient fêtés à Uckange : pas moins de sept dans l’année alors que lui n’en reconnaissait deux. Les processions étaient capitales, mais la plus importante était bien entendu la Fête-Dieu où l’on allait avec des bannières et des flambeaux à toutes les croix du village transformées pour la circonstance en autant de reposoirs. La veille, les échevins avaient eu soin de visiter toutes les rues de la ville et d’ordonner qu’elles soient ornées de fleurs et d’herbes, etc.

Le jour de la Saint-Marc, on allait de l’Eglise à la croix des Pèlerins, puis aux deux autres en descendant, ensuite « à celle qui est sur la chaussée proche du village et aux deux autres posées dans ce lieu »….A lui seul, cet itinéraire indiquait qu’il existait alors au moins six croix dans le village et ses abords immédiats. Les processions se déroulaient à travers champs. La première conduisait à la croix de Buderfelt et l’on rentrait par le même chemin ; pour la deuxième, on allait  » par la chaussée en à la croix posée sur le chemin d’Ebange »; et le troisième jour, on allait  » à la croix posée sur le chemin de Thionville » d’où l’on revenait à celle proche du village… A propos des mêmes processions, on a pu lire qu’on allait « proche des croix posées dans les champs sur le ban d’Uckange… »

Patrimoine industriel

Décembre 1887, les frères Stumm, frères industriels et maîtres de forges à Neunkirchen, achètent une étendue de terrains d’environ 24 hectares pour y construire des hauts fourneaux et des forges. (….) Le conseil municipal de l’époque accepte de vendre les cinq parcelles communales, il considère « que l’établissement de cette usine à proximité ne peut qu’être utile et d’un avantage réel pour les habitants et pour la commune en général »…

C’est au cours des années 1890-91 que les travaux de construction de l’usine battent leur plein, et l’afflux de main d’œuvre est tel que le traitement du secrétaire de mairie est augmenté de 50 marks, vu le surcroît de travail occasionné par l’accroissement de la population. Mais, bien plus révélatrice de l’importance et de l’influence prise par ces installations, avant même leur mise en marche, est l’élection de juillet 1891 au conseil municipal du futur directeur de l’usine et sa nomination immédiate au poste de maire.

Les actes de la mairie n’apprennent pas grand chose sur Herr Rodolph von der Becke, si ce n’est qu’il est assidu aux séances et qu’il officialise la langue allemande à Uckange (l’appellation d’Uckingen ne se généralise cependant qu’à partir de 1887)… L’arrivée des frères Stumm à Uckange se rattachait en fait, à une véritable invasion de la Lorraine annexée par la grosse industrie allemande. Entre 1890/91 et 1897/98, une batterie de quatre hauts-fourneaux est construite à l’usine d’Uckange. Elle est complétée en 1904 par deux hauts-fourneaux.Placée sous séquestre après la guerre de 1914-18, l’usine et reprise dès 1919 par la Société des Forges et Aciéries du Nord et de Lorraine. Au début des années 1920, l’usine compte six hauts-fourneaux, puis quatre au début des années 1930. Entre 1932 et 1935, les hauts-fourneaux d’origine sont remplacés par des installations nouvelles. En 1965, la société devient la Société des hauts-Fourneaux Réunis de Saulnes et d’Uckange (HFRSU).

Le U2 est mis à l’arrêt en 1964-65. En 1974, trois hauts-fourneaux sont à feu : le U1, chargé par skips, produit de la fonte hématite, et les U3 et U4 sont spécialisés dans les fontes de moulage. Le 17 mars 1988, le Haut-fourneau n »4, reconstruit en 1976 mais dont la mise à feu a été retardée par la mauvaise conjoncture économique, est allumé. En 1991, le site d’Uckange est définitivement arrêté, les hauts-fourneaux n »1 et 4 sont éteints. Le U4 est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques en juillet 1995…